Energies renouvelables, réchauffement climatique, négociations internationales pour la Conférence Paris 2015: un analyste de l’Agence Internationale de l’Energie dresse les perspectives.

Cédric Philibert est analyste à l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) depuis une quinzaine d’années. De passage en Bretagne, il a accepté de répondre à nos questions. Ce spécialiste des énergies renouvelables au sein de l’AIE s’interroge sur le retard de la France en matière d’énergie solaire photovoltaïque et d’énergie éolienne. Et il estime qu’en prévision de la Conférence de Paris sur le climat (COP 21), en décembre 2015, le débat ne doit pas porter sur l’aspect contraignant ou non-contraignant du futur accord.

« La contrainte au plan international, c’est de toute façon un peu fictif. Et, au risque de choquer, j’allais dire heureusement, car c’est cela qui peut sauver la possibilité d’un accord. »

Il n’y aura pas d’accord comme le protocole de Kyoto élargi à l’ensemble des pays de la planète. C’est l’analyse de Cédric Philibert. Rappelons-le, Kyoto a été adopté en 1997 par les pays riches. Entré en vigueur en 2005, il devait permettre de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% en moyenne en 2012 par rapport à leur niveau de 1990. Les Etats-Unis l’ont signé, mais jamais ratifié. Le Canada s’en est retiré. Et les émissions ont continué d’augmenter. Sur la période 2005-2012, un seul recul a été noté, en 2009. Limité à 1,3% de réduction par rapport à l’année précédente, ce bref répit dans l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre résultait de la « crise économique ». Alors, que faut-il espérer des négociations climatiques en cours? « Un accord ambitieux », répond Cédric Philibert.